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Les iles Tatihou



Située dans la baie de Saint-Vaast-la-Hougue, l’île Tatihou (29 ha) est accessible à marée basse, lorsque les coefficients de marée le permettent, par un sentier qui serpente entre les parcs à huîtres et les rochers. Une liaison maritime permanente, assurée par un véhicule amphibie, permet d’accéder à l’île en toute sécurité quelle que soit l’ampleur de la marée.
De la côte, l’île se distingue par son architecture militaire et notamment sa tour Vauban (27 m de haut) érigée suite à la sanglante défaite des français lors de la célèbre bataille de la Hougue (1692).
Le riche patrimoine historique de l’île se compose de plusieurs éléments qui témoignent des différentes phases d’occupation du site : digues, installations militaires, lazaret, laboratoire de biologie marine, centre d’accueil pour la jeunesse. L’ensemble des installations est classé au titre des monuments historiques.


Après une période de décrépitude et de vacuité, l’ensemble de l’île a été affectée au Conservatoire du littoral en 1990. La restauration des bâtiments, entreprise conjointement par le Conseil Général de la Manche et le Conservatoire du littoral, a permis l’ouverture du site au public en 1992, avec la mise en place d’un service culturel et d’un musée maritime orientés vers l’archéologie navale et l’ethnologie maritime. Le musée maritime dispose également d’un service éducatif pour l’accueil de classes de découverte et d’un centre d’hébergement pour l’accueil de groupes.
La gestion du patrimoine bâti fait l’objet d’une convention entre le Conservatoire du littoral et le Département (Direction des sites et musées départementaux). Les espaces naturels sont gérés par le SyMEL, avec le concours du Groupe ornithologique normand pour la partie mise en réserve ornithologique à l’est de l’île.


 


 

Un riche héritage
Connue de longue date pour la richesse de son environnement maritime, qui justifie l’intégration de la baie de Saint-Vaast dans le réseau Natura 2000, l’intérêt de l’île réside notamment dans sa fréquentation par les oiseaux marins.


 


L’île, accueille une colonie de goélands composée de trois espèces nicheuses : le goéland argenté , le goéland marin  et le goéland brun . L’île constitue pour cette dernière espèce son principal site de reproduction en Normandie.
Depuis 2003, une colonie d’aigrette garzette est installée dans l’enceinte du fort de l’îlet. L’espèce s’observe toute l’année, chassant à marée basse sur l’estran et dans les parcs à huitre.
Les effectifs du pigeon colombin, qui niche en nombre dans les murs d’enceinte et les terriers de lapins, semblent également en progression.
La colonie, l’une des plus importantes de l’ouest de la France, fait l’objet d’un suivi par l’ONCFS qui bague les jeunes au nid (62 jeunes bagués en 2005).
Chaque année, des familles de tadorne de Belon sont observées au printemps, mais l’effectif total est assez difficile à déterminer avec précision, car les familles se dispersent après l’éclosion dans la baie de Saint-Vaast pour l’élevage des poussins. La population de l’île est estimée à 25 couples nicheurs.
Malgré la fréquentation du site, 3 à 4 couples d’huitrier-pie parviennent à se reproduire sur les plages et les digues périphériques.
La périphérie de l’île est très favorable à l’observation d’oiseaux en hivernage : grèbe huppé,  tadorne de Belon, bernache cravant, eider à duvet.

 


 

La gestion partenariale
Les premières opérations menées par le Conservatoire du littoral ont visé à restaurer le cordon dunaire situé à l’ouest de l’île et à nettoyer les espaces naturels. Un petit troupeau de mouton avait été introduit pour assurer l’entretien des prairies.
L’expérience du pâturage extensif s’est révélée inadaptée pour gérer les prairies naturelles, parmi les plus productives de la région, dégradées par les activités humaines (fouilles archéologiques) et envahies par les chardons et les orties.


En 2003, il a été décidé de mettre en place un pâturage dirigé, dans le cadre d’une convention d’usage agricole avec un éleveur de moutons. Un enclos de 14 hectares, incluant la réserve ornithologique, a été créé, une bergerie a été restaurée, avec adduction d’eau potable et d’électricité, de manière à pouvoir introduire sur le site un troupeau de 80 brebis. Des chèvres et des ânes complètent le cheptel qui est présent de la mi-février à la mi-novembre.
Un plan de pâturage a été élaboré, en concertation avec le groupe ornithologique normand, pour essayer de recentrer la colonie de goélands sur la réserve ornithologique, en jouant sur la hauteur de l’herbe en fin d’hiver.
Parallèlement, un plan de lutte contre les chardons a été mis en place pour limiter le recours aux herbicides. Des interventions manuelles sont effectuées en mars sur les milieux les plus sensibles (pelouses aéro-halines, bordures des douves et de la vasière, digues) et une fauche exportation est réalisée début août dans les zones les plus productives.
Les différentes opérations sont calées sur la période de reproduction des oiseaux nicheurs afin de limiter le dérangement des oiseaux. Afin de diversifier les milieux et les perspectives paysagères, une plantation d’arbustes de différentes espèces représentatives des fourrés littoraux des côtes de la Manche a été effectuée en février 2006.
Des visites guidées sont organisées par le musée maritime.