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Le Cap de Carteret


Présentation du Cap
Figure de proue du littoral de la Côte des Isles, le cap de Carteret offre un panorama d’exception sur les deux visages de la Côte Ouest du Cotentin : - au nord les dunes perchées qui s’étendent entre des caps rocheux annonciateurs des hautes falaises de la Hague, et au sud la côte sableuse des 8 havres du Cotentin qui s’étend sur une centaine de kilomètres jusqu’aux falaises de Granville, portes de la baie du Mont Saint Michel.
Le cap nous offre également une vue imprenable sur les Isles anglo normandes.
Les falaises du Cap de Carteret, de même que le secteur de la Vieille Eglise situé au pied du cap ont été classés le 02 janvier 1942 au titre de la loi 1930. La zone de falaise classée se situe en dessous du sentier des douaniers, elle correspond aux grottes, protégées pour leur intérêt historique, symbolique et culturel.


Le Cap de Carteret fait partie des Espaces Naturels Sensibles du Département de La Manche et il est considéré comme un site prioritaire d’intervention du Conseil Général en matière de politique ENS. Une zone de préemption a été arrêtée le 28 mai 1984 sur le Cap afin d’assurer sa protection définitive.
Le Cap a été acheté le 09 septembre 1988 à la Société Civile Immobilière Carteret Les Fleurs qui projetait d’y construire un lotissement ...
Son acquisition par le Département a définitivement sauvé le Cap de Carteret de l’urbanisation. Le Département de la Manche est propriétaire de la quasi-totalité du site avec 18 hectares.
Une étude de fréquentation a démontré que ce sont près de 80000 personnes qui fréquentent annuellement le cap de Carteret


 


 


Le paysage du Cap


Le panorama exceptionnel sur la Côte des Isles et les isles anglo normandes font l’attrait premier du visiteur.
Bien que d’un fort intérêt écologique, le site est globalement anthropisé avec de nombreux aménagements de l’homme, particulièrement sur la partie haute du cap avec la présence d’un phare, d’un sémaphore et d’une antenne de la marine nationale.
D’une superficie avoisinant les 23 hectares, il est possible de diviser le cap en quatre entités : le plateau, les falaises, le secteur de la Vieille Eglise et enfin le vallon de la Potinière.
Le plateau
Le Cap est délimité dans sa partie est par un éperon barré et dans sa partie ouest par des Falaises. La partie supérieure du Cap est un plateau constitué de deux prairies anciennement cultivées et pâturée, qui sont traversées par une route qui mène au phare et au sémaphore.
L’ensemble du plateau est entouré d’un muret de pierres maçonnées qui servait autrefois de clôture pour les animaux.


Les falaises
D’une hauteur d’une trentaine de mètres en moyenne, elles constituent toute la partie maritime du cap sur sa partie sud et ouest. Elles présentent un grand intérêt écologique et paysager avec une végétation rupestre, des pelouses sèches sur affleurements rocheux, mais toute la partie sud du cap est embroussaillée. Deux murets, connectés avec ceux du plateau ont été édifiés aux extrémités du site afin de délimiter des enclos de pâturage. A marée basse il est possible de faire le tour du cap à pied.
Le secteur de la Vieille Eglise
En contact direct avec les dunes d’Hatainville, le coteau sud du Cap de Carteret est constitué de placage sableux colonisé par les fourrés de prunelliers. On y trouve sur la partie basse un plateau dunaire également en déprise où se trouvent le cimetière et les ruines de la Vieille Eglise de Carteret Ce secteur accueille beaucoup de visiteurs en raison de ses qualités paysagères.
La vallée de la Potinière
C’est en redescendant vers la Corniche du « grand Cap », aujourd’hui urbanisé, que l’on passe au pied du cap de Carteret à l’est. Le bas de l’éperon barré est aujourd’hui colonisé par un petit boisement de frênes. Au dessus de la plage de la Potinière se trouvent trois maisons dont deux vieilles propriétés édifiées au début du siècle dernier.


 


 


La richesse du patrimoine historique et culturel


Une des particularités petit patrimoine bâti du Cap de Carteret est sans aucuns doutes ses murets liés à l’activité pastorale. Ils ont été édifiés à la fin du XVIIIème ou au début du XIXème siècle. Ils ont une architecture caractéristique avec leurs pierres levées sur leur sommet.
Lieu privilégié pour la surveillance et la sécurisation du littoral, si le Cap est doté d’un phare depuis 1839, on trouve nichée au pied du Nez de Carteret en contrebas du sentier des Douaniers, une batterie militaire du XVIIème siècle reconvertie à une époque en bergerie...
Au pied du Cap se trouve l’ancien lieu de culte de Carteret, la Vieille Eglise construite aux XIIème siècle, ainsi que la fontaine miraculeuse de Saint Germain et son lavoir récemment redécouvert....
Les douaniers ont longtemps arpenté les falaises du Cap et on y trouve tout une série de vestiges discrets de leur occupation
 


Les habitats naturels Plusieurs habitats ont pu être distingués. Pour les falaises, il s’agit de falaises avec végétation des côtes atlantiques et baltiques (Code Natura 2000 : 1230) et les landes sèches (Code Natura 2000 : 4030). Les fourrés ont été caractérisés en fourrés subméditerranéens et tempérés ((Code natura 2000 : 51).
Enfin, le plateau agricole a pu être caractérisé par une prairie de fauche artificielle sur sol sableux ; son entretien est assuré par un agriculteur qui jusque dans les années 70 mettait ses moutons à pâturer.

 


 

La faune et la flore


Les intérêts floristiques du Cap sont liés aux falaises littorales et à ses vires rocheuses. Sur les 207 espèces vasculaires qui ont été inventoriées, 84 taxons sont caractéristiques des cortèges floristiques des falaises littorales.
Soixante quatorze espèces sont considérées d’intérêt patrimonial (protégées ou rarissimes).
Onze espèces sont protégées régionalement comme la Doradille marine , l’helianthème à gouttes ou encore la Romulée à petites fleurs . La centaurée à feuilles en tête  qui est protégée au niveau national n’a pas été revue depuis plusieurs années.
L’enfrichement des falaises du Cap  suite à l’abandon de son exploitation pastorale entraine une disparition de ces espèces végétales rares qui ont besoin d’une végétation rase pour se développer. Les falaises abritent depuis des décennies un couple de Grand Corbeau qui élève avec succès 3 à 4 jeunes chaque année. Il semble s’être habitué à la forte fréquentation du sentier littoral du Cap estimée à plus de 250000 personnes...

Le pipit maritime est également nicheur dans les falaises car il y trouve un habitat de prédilection pour sa nidification. Faucon crécerelle, Bergeronnette de Yarell, et Rouge-queue noir sont des nicheurs occasionnels. Les fourrés du Cap abritent également la fauvette pitchou (2 couples en 2005) et les cortèges classiques des buissons (troglodyte mignon, merle noir, accenteur mouchet, rouge-gorge...).Pour les mammifères on notera la présence régulière du phoque gris en bas de falaise ainsi du grand dauphin qui fréquente régulièrement les eaux de la côte des Isles.