Les dunes de Dragey


Le site est constitué d’un vaste ensemble naturel de plus de 300 ha composé d’une frange dunaire et d’un ensemble de prairies humides rétro-littorales, le long de la Claire Douve, petit ruisseau coulant du nord au sud.
Figurant parmi les zones humides périphériques de la baie du Mont Saint Michel, il accueille en période hivernale de nombreuses espèces d’oiseaux qui s’y concentrent lors des périodes migratoire ou en hivernage : barges, spatules, bécasseaux, hérons, … y trouvent les conditions de tranquillité nécessaires à leur repos et à leur alimentation.
Au sud du site se trouve un des lieux emblématiques de la baie, le Bec d’Andaine, lieu de départ traditionnel des pèlerins en route vers le Mont. Aujourd’hui, ce sont plus de 100 000 personnes qui viennent découvrir le charme extraordinaire d’une traversée de la baie.

 


 


 



Le cordon dunaire qui isole les marais de la Claire Douve de la Baie du Mont Saint Michel constitue une frange continue du nord au sud, mais dont l’épaisseur varie de quelques dizaines de mètres à plusieurs centaines. Il est soumis à une forte érosion dans sa partie nord, sans doute renforcée par des aménagements récents, et la préoccupation actuelle est une rupture probable de ce cordon à échéance de 10 à 20 ans.
Parallèlement, les secteurs centre et sud du cordon, du fait de la dérive littorale, sont le siège de dépôts parfois importants de sédiments.
Le cordon dunaire présente une faciès typique des dunes de la cote du Cotentin, à savoir une pelouse rase de graminées et lichens, souvent desséchée en été, et qui justifie son appellation de dune grise ;

Le marais arrière dunaire se caractérise par une topographie très plane qui favorise la stagnation de l’eau en période hivernale, particulièrement à l’amont du pont d’Obrey. L’exutoire de la Claire Douve vers la baie est contrôlé par une vanne à crémaillère qui permet d’isoler le marais en période de vive-eaux.
Il est composé d’une mosaïque de prairies de pâture et de fauche, plus humides vers le centre du marais. Des roselières et cariçaies occupent les berges de la Claire Douve, ainsi que les rivées des mares et gabions qui parsèment le marais ;


Au total, ce sont plus de 420 espèces végétales qui ont été recensées sur le site, ce qui est remarquable pour cette superficie, dont environ 10 % ont une valeur patrimoniale. Parmi elles, citons L’Elyme des sables, le Myriophylle verticillé, la Ruppie maritime.

Parmi les oiseaux qui apprécient la quiétude du marais, plus d’une cinquantaine d’espèces  y nichent régulièrement, ce qui n’est pas extraordinaire en comparaison avec d’autres sites en baie du Mont et doit orienter à l’avenir les modalités de gestion du site, en particulier autour du devenir de certaines espèces emblématiques comme la Chouette chevêche et la Bécassine de marais.
Le marais tire son intérêt du fait de sa proximité avec la baie du Mont, qui en fait un zone de gagnage nocturne apprécié des canards, et une zone de repos et de quiétude pour de nombreux limicoles. De même, c’est une étape importante sur les routes migratoires, notamment en période prénuptiale (printemps) qui correspond souvent avec une inondation du marais.

 


 


 


la gestion


Les objectifs du plan de gestion du site visent en priorité à renforcer la capacité d’accueil du site vis-à-vis de l’avifaune.
En l’absence pour l’instant d’une réelle gestion concertée des niveaux d’eau dans l’ensemble du marais favorable à l’avifaune, en maintenant notamment une inondation printanière plus longue, le SyMEL a engagé quelques actions de démonstration sur les parcelles qu’il maîtrise. Ainsi, des batardeaux ont été implantés à l’exutoire de petits fossés qui drainent certaines parcelles de prairies humides vers la Claire douve ; cela a permis dès la première année de favoriser le stationnement des oiseaux (notamment des Spatules blanches) et la reproduction des amphibiens (Crapaud calamite et pélodyte).

Par ailleurs, une gestion concertée du milieu dunaire a été engagée avec les agriculteurs exploitants ces terrains très intéressant pour les animaux en hiver, mais souvent objet de détérioration importantes. Cette pratique de pâturage hivernal provoque en effet dans certains cas une eutrophisation importante par un apport très important de fourrage extérieur en raison d’un nombre trop important de bovins sur les parcelles. Ainsi depuis 2001, le SyMEL a engagé une action forte vis-à-vis des éleveurs qui a permis de diminuer le chargement des parcelles de 30 %.


Plusieurs mares dunaires existantes ont été ré-ouvertes par le SyMEL depuis l’engagement du plan de gestion. Un suivi annuel permet de définir leur utilisation pour la reproduction des amphibiens.

Enfin un des axes majeurs de l’action des partenaires sur le site est d’organiser la fréquentation. Au delà de l’aménagement exemplaire du Bec d’Andaine (lien vers dossier de presse) le Conservatoire et le SyMEL ont engagé des réflexions avec les acteurs concernés (communes et éleveurs de chevaux principalement) pour réaménager les accès au rivage et les aires naturelles de stationnement.