Petit historique
Le Havre de Saint-Germain est exploité dès le XVIIème siècle pour son sel (on peut encore voir des « mondins », constitué du reste de sablon délesté de son sel, le long des anciennes digues du havre). Autre exploitation ancestrale du havre de Saint-Germain : la levée de la tangue.
Ce matériaux permet d’alourdir le sable et empêche son volage dans l’exploitation des mielles (dunes en scandinave), ces champs ou l’on cultivait autrefois le melon et où l’on cultive aujourd’hui la carotte et les poireaux. Plus haut, dans les terres, la tangue sert d’engrais naturel et abaisse l’acidité du sol (un sable marin est toujours riche en coquilles, donc en calcium). En 1905, on sort du Havre de Saint-Germain 600 000 m3 de tangue par an que l’on exporte jusqu’en baie des Veys, où la tangue est de moins bonne qualité. Enfin, les riverains du havre ont pour habitude d’avoir quelques animaux, surtout des moutons, mais aussi des oies, qui paissent dans le havre. Entre le XVIème siècle et le XXème siècle, 230 hectares de prés salés sont transformés en polders.


La dernière vague de poldérisation (1967) va permettre à une société qui se prépare à les exploiter en maraichage d’endiguer environ 90 hectares du havre. Elle interdit par la même occasion, aux populations locales, l’exploitation de la tangue, mettant ainsi en difficulté les nombreux maraichers qui exploitent cette ressource naturelle. La suite dégénère en conflit ouvert et débouche en 1980 sur le classement du site en « site classé », interdisant tous travaux susceptible de modifier ou détruire l’état des lieux. Plus personne n’exploite la tangue à partir de cette époque.