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La pointe d'Agon

D'Agon à Regnéville, autour du havre de la sienne...


Le site de la pointe d’Agon se situe sur la commune d’Agon-Coutainville et se prolonge en amont sur la commune de Tourville-sur-Sienne. Il borde le havre de Regnéville, embouchure de la Sienne, le plus vaste des havres de la côte ouest du Cotentin.
La pointe d’Agon est une formation sableuse (une flèche) qui ne cesse de s’étendre vers le sud sous l’effet de la dérive littorale, provoquant le déplacement du chenal de la Sienne vers la rive opposée, située sur la commune de Montmartin-sur-mer.
La partie nord du site est occupée par des terrains cultivés (cultures maraîchères), mais la partie sud présente un relief et une végétation caractéristique des dunes sauvages, malgré les aménagements (phare, ferme, villa, route d’accès au port d’échouage, plantations de résineux, etc.) et les équipements nécessaire à l’élevage des moutons (clôtures, bergeries).

 

 


 




La totalité de la partie sud appartient au Conservatoire du littoral, depuis le transfert des propriétés du Département de la Manche en 2003. Le Département avait acquis ces parcelles en 1990 en vue de la réalisation d’un terrain de golf mais n’a pu mener à bien ce projet en raison de l’application de la loi "littoral".
La totalité du site est incluse dans le périmètre du site Natura « Littoral ouest du Cotentin de Bréhal à Pirou », dans le périmètre d’une zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) et dans le périmètre du site classé du havre Regnéville.


La Pointe d’Agon présente sur sa façade maritime les successions caractéristiques des dunes littorales, présentes en bandes étroites, et sur sa partie interne les successions caractéristiques des prés salés atlantiques. La partie « continentale » de la pointe est en grande partie occupée par les communautés caractéristiques de la dune grise.

 


 




Le site se caractérise par la richesse et la diversité de sa flore (près de 500 espèces) plus que par la présence d’espèce rares. Signalons tout de même la présence de l’hutchinsie couchée et de la frankénie à la limite supérieure du pré-salé, de la laîche luisante dans la partie nord, et d’un grand nombre d’espèces calcicoles telles que les orchidées : orchis pyramidal, orchis bouc, ophrys abeille, ophrys araignée.
L’intérêt ornithologique du site est lié à sa position sur un axe particulièrement important de migration des oiseaux d’eau et terrestre (plus de 200 espèces observées). Le site constitue pour de nombreuses espèces un lieu d’escale migratoire ou un lieu d’hivernage, notamment pour les anatidés et les limicoles.


Le site est notamment exploité par la bernache cravant, notamment la sous espèce à ventre clair dont les effectifs peuvent atteindre les 800 individus. La quasi-totalité de cette sous-espèce, probablement originaire d’Amérique du nord, hiverne sur la côte ouest du Cotentin.
Cinq espèces de limicoles sont particulièrement nombreuses en hiver : le pluvier argenté, le bécasseau variable, la barge rousse, le courlis cendré et l’huitrier pie.
L’ensemble des prairies humides situées au nord est du site présente une belle diversité d’amphibiens avec 13 des 16 espèces présentes en Basse-Normandie, dont le triton crêté, le triton marbré, le crapaud accoucheur, le pélodyte ponctué, la rainette arboricole.

 


 

La gestion de la pointe d'Agon

Les objectifs de gestion du site visent notamment à préserver et à renforcer l’intérêt paysager du site, en canalisant mieux la circulation et le stationnement automobile, en éliminant les bâtiments inutiles et disgracieux, en pérennisant l’activité pastorale et notamment le pâturage ovin, en améliorant l’impact visuel des équipements (clôtures, barrières).
Les conditions d’accueil du public doivent également être améliorées : balisage de sentiers pédestres, amélioration de la signalétique, création d’une maison d’accueil et d’information des visiteurs.
L’ensemble de ces dispositions seront progressivement mises en œuvre suite à l’adoption du plan de gestion du site en 2005.