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Les falaises de jobourg

Les falaises de Jobourg sont situées sur la façade sud ouest de la presqu’île de la Hague. Ce paysage remarquable renferme une faune et une flore adaptée aux conditions maritimes particulièrement rudes. Le sentier GR 223 longe la côte et serpente dans ces paysages déchiquetés, vous offrant d’un coup des panoramas époustouflants.

Les plus hautes falaises d'europe  ?
Ce site de falaise maritime s’étend sur environ quinze kilomètre de côte. Il intègre le site Natura 2000 « Côtes et landes de la Hague », visant les landes littorales et la végétation de falaise. Ces falaises ont un intérêt géologique avec la présence de gneiss datant du précambrien (granites métamorphisés de 3.5 millions d’années), roches les plus vieilles de France visibles dans la baie d’Ecalgrain.
La conjugaison d’un substrat rocheux lessivé, de jeux variés d’exposition au soleil et au vent, de proximité à la mer et au sel régit la répartition verticale des plantes dans ce milieu. Des espèces végétales très spécialisées utilisent des niches aux conditions de sécheresse et de salinité importantes, alors que d’autres cherchent l’abri dans des failles moins exposées où suintent les ruissellements d’eau douce.
Au pied de la falaise, les lichens accrochés aux rochers laissent place aux premières plantes à fleurs telles la criste marine ou l’oseille des parois puis progressivement à une végétation de plus en plus dense.


On retrouve alors les pelouses aérohalines qui regroupe une certaine diversité floristique : armérie maritime, silène maritime, sedum anglicum...Sur ces pelouses remarquables, nous pouvons voir des espèces plus rares telle que la Romulée à petites fleurs, l’Hélianthème à gouttes ou la Centaurée fausse-scille.

 

 


 


Si nous continuons une progression verticale, la lande littorale formée de coussinets d’ajoncs de Legall, de bruyère et de genêt à balai, apparaît, écrasée par le vent.
Au bénéfice de la faune, la verticalité du milieu garantit une relative tranquillité notamment aux oiseaux. Des colonies de cormorans huppés aux quelques couples de grands corbeaux, les falaises sont des sites importants de nidification et de nourrissage, en terme d’espèces et de quantité d’oiseaux. Leur situation dominante sur la mer permet des observations aisées au moment des passages migratoires.



 


 


la gestion
Contrairement aux landes intérieures, les conditions maritimes et les fortes contraintes écologiques qui y sont liées limitent l’évolution du milieu.
La présence d’un troupeau de chèvres férales sur environ 8 km de côtes permet un entretien minimum. Ce troupeau, autrefois domestique, est depuis les années 70 totalement sauvage et se déplace librement sur le secteur de falaise. Il s’agit de chèvres des fossés dites « Communes de l’Ouest », race menacée prise en charge dans un programme de sauvegarde mené par l’écomusée de la Bintinais à Rennes.
Une convention a été signée entre la Commune de Jobourg, le Conservatoire du littoral, le Sy.M.E.L. et le Groupe Mammalogique Normand pour la gestion du troupeau.


Ainsi depuis 1996, le suivi et la surveillance du troupeau sont assurés par les gardes du littoral. De 11 animaux en 95, l’effectif est monté en 2005 jusque plus de trente, suite à une gestion des effectifs pour rééquilibrer le sex-ratio du troupeau. Malheureusement, deux accidents successifs en 2006 et 2007 ont ramené le nombre de chèvres sauvages à quelques unités en 2007.
Certains secteurs de landes moins exposés aux vents dominants ont tendance à évoluer et à se fermer. Une gestion par brûlis ou broyage y sera envisagée.
Enfin, une réflexion est en cours pour l’accueil du public sur les secteurs les plus fréquentés afin de limiter les dégradations.